SITE ARCHÉOLOGIQUE

LA TUNE DE LA VARAIME

Grotte classée Monument Historique

 

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La Tune de la Varaime se trouve sur la commune de Boulc, sur le versant sud de la montagne de la Varaime, à une altitude de 1400 m. On y accède en partant à pied du hameau des Bois Noirs. Après environ quarante minutes de marche sur le GR 94E on arrive au col Varaime, d’ici on suit le sentier qui part à flanc, sur la droite, après environ un quart d’heure, un sentier se détache du chemin sur la droite et mène à la grotte en quelques lacets assez raides. Sous le porche d’entrée se trouvent des panneaux explicatifs.

 

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Une visite hebdomadaire est assurée des vacances de Pâques à la Toussaint par des guides agréés. Les visites sur rendez-vous peuvent s’organiser pour des groupes constitués ou personnes seules qui se rattachent à des groupes de 6 personnes minimum.
Les réservations — 06 83 07 29 22 — se font auprès des guides qui constituent les groupes :
– Federica Furlanetto (Boulc),
– Rémi Pozzi (Die),
– Sébastien Vernier (Glandage).
La visite est payante et comprend la randonnée à pied ; prévoir une demi journée.
Le tarif est de 15 euros par personne (7,50 euros pour les enfants < 10 ans).
Il est nécessaire d’avoir des bonnes chaussures de marche, des vêtements chauds (même en été), ainsi qu’une lampe de poche ou une frontale.

 

La découverte

La « tune » est une appellation locale pour désigner une grotte. Celle-ci s’ouvre à 1400 m d’altitude, au pied de la falaise de la Varaime, dans un paysage magnifique des montagnes du haut Diois. Son intérêt réside à la fois dans son corpus de gravures, riche d’un millier de signes, et dans l’existence de dépôts archéologiques retraçant quelque six millénaires de notre histoire. Elle a été classée monument historique en 1990.

Pour cet ensemble de gravures, tout à fait remarquable, on ne connaît pas de comparaison, dans des cavités proches ou lointaines, sur le plan de l’ampleur ou de la nature du phénomène gravé. C’est un des plus intéressants ensembles d’art rupestre des Alpes. Les parois sont couvertes de centaines de gravures typiques de l »art schématique linéaire ». Elles appartiennent à un répertoire bien précis de cette forme de communication graphique, d’ordre probablement cultuel, et sont datées ici du début de notre ère.

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Un art schématique symbolique

Cette forme d’expression est caractérisée par un schématisme accentué. C’est un art abstrait à l’origine de notre civilisation du signe, et en quelque sorte de l’écriture. Chaque signe est porteur d’une charge symbolique forte. L’homogénéité des thèmes représentés, des Pyrénées espagnoles aux Alpes françaises et italiennes, montre une même communauté de pensée. Les principales manifestations de cet art sont des gravures sur rocher, plus rarement en grotte. Les sites concernés sont nombreux en altitude, au-dessus de 1000 m, souvent dans des lieux d’une beauté certaine.

Cet art n’est pas figuratif. Hommes et animaux, peu représentés, sont schématisés à l’extrême et deviennent de véritables pictogrammes. Il est en cela bien différent de l’art des cavernes des chasseurs du Paléolithique de 20 000 ans plus ancien. L’Art schématique apparaît à la fin du Néolithique, au IIIe millénaire avant Jésus-Christ, se développe au cours des âges des Métaux et se poursuit jusqu’aux périodes historiques.

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6000 ans d’histoire, une grotte bergerie

Les fouilles ont montré l’existence, sur trois mètres d’épaisseur, d’une succession de couches d’occupation. La plus ancienne date du début du IVe millénaire avant J.-C.

Elle appartient à la culture dite « chasséenne ». C’est la période néolithique, moment d’implantation des premiers agriculteurs. Ce site montre encore le passage aux âges des Métaux, Cuivre d’abord, puis Bronze, et enfin Fer. Les recherches scientifiques sur cette grotte on démontré que, pour ces périodes, elle était utilisée comme grotte bergerie, faisant remonter à plusieurs millénaires avant J.-C. certaines formes de transhumance et d’exploitation de la montagne. Ces études permettent de reconstituer l’évolution du paysage naturel et de sa transformation par l’homme jusqu’à nos jours. Des traces indiquent encore des occupations sporadiques aux temps historiques, Gallo-romain et Moyen Âge.

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